dimanche 28 août 2011

Jetset française








De retour à la capitale, on décide d’aller manger une crêpe pour varier notre nourriture. Là, on fait la connaissance de Yannick, patron du restaurant et breton d’origine. Il est installé en Mongolie depuis plusieurs années et il vient d’ouvrir ce restaurant. On lui parle de notre manière de voyager et il est fasciné. Il nous dit qu’il a un chalet à une heure d’Oulan Bator et que si on le désire on peut aller se promener dans cette région car c’est très joli. Comme ils nous restent du temps devant nous, on accepte sa proposition. Il nous montre sur la carte où se trouve son chalet. Il nous met à disposition la yourte qui se trouve juste à côté pour qu’on puisse y dormir. Il avertit également son gardien de notre arrivée. Le lendemain, on part tout motivé pour deux jours de marche qu’on imagine tranquille. Sur nous, on porte peu de nourriture car le lendemain de notre arrivée, Yannick viendra avec ses copains faire un brunch au chalet. 

On part en fin de journée avec notre taxi attitré au point de départ. On commence à marcher et après quelques km on essaie de se repérer sur la carte. Normalement, on devrait pouvoir couper à travers les collines, selon Yannick, mais on constate que c’est impossible à cause de la forêt. On demande notre chemin à une personne qui nous dit qu’on doit aller jusqu’au bout de la vallée. Le Jo est fatigué, il n’a pas la tête à marcher. Le Guims essaye de le motiver alors que la Sand galope puisqu’elle n’a pas de sac à dos.
 
Les moments forts sont : 

-Après cinq heures de marche, alors qu’on devrait déjà être arrivé, on n’aperçoit toujours pas le chalet. On est les trois fatigué et on n’a qu’une envie c’est d’y arriver. On continue et heureusement pour nous on tombe sur un petit hameau. On essaye de se renseigner mais sans succès. La tombée de la nuit est proche et on a besoin d’arrivée au chalet car on n’a pas les tentes. Un kilomètre plus loin, on a la chance de tomber sur des enfants qui parlent anglais et qui nous disent que le chalet est plus bas, à environ six km. Grâce à eux, on évite de se faire mordre par des chiens qu’ils chassent à coups de pierres. La nuit est tombée, on ne voit plus grand-chose et la frontale devient nécessaire. La Sand commence d’avoir peur de marcher dans la nuit, le Jo est claqué mais le Guims est tellement fâché qu’il pourrait rentrer à pied à Oulan-Bator. Après discussion, on décide de s’arrêter à la prochaine yourte venue. C’est un petit camp touristique où on passera la nuit. Le Guims et le Jo sont tellement énervés de ne pas avoir trouvé ce foutu chalet, de rage ils frappent le sol avec leurs bâtons de marche. On suppose que Yannick s’est trompé d’endroit sur la carte. Le lendemain, grâce au propriétaire du camp et quelques coups de téléphones, on arrive enfin au chalet en voiture. 

-Le brunch est délicieux. Le Guims et la Sand mange de tendres morceaux de bœufs grillés à s’en faire péter la pense. Tout cela est accompagné de salades vertes, de tomates, de concombres, de carottes, choux rouges avec une succulente sauce française préparé par Yannick.  A l’apéro, on goute des omelettes de vaise de loups de la taille d’un ballon de foot.  Après 4 mois de voyage sans cela, c’est un réel bonheur.
 
-Le chalet se situe en haut d’une petite vallée où le pâturage est rempli d’edelweiss. Au début, on fait attention de ne pas les écraser car pour nous, petite suisse, ce sont des fleurs qui sont rares. Puis, après 5 minutes, on en écrase une, puis, deux, puis trois, puis on termine par faire nos besoins sur elles. On est surpris de voir autant d’eldelweiss et on découvre que la Mongolie a une flore grandiose.    

-Le gardien du chalet à des chevaux et on profite de faire une balade. Le Guims et la Sand sont un peu déçus car les chevaux ont de la peine à avancer. A chaque pas, on essaye de les faire partir au galop mais ce n’est pas gagné. On a eu un bon fou-rire lorsque le Jo se ramasse une branche de sapin en plein galop. Aie, ça fait mal mais ça passe. Pour le Jo c’est ces tous premiers galops et c’est un pur moment d'éclate.  

- On passe un agréable après-midi en compagnie de personnes très différentes. Il y a les joueurs de cartes, le cueilleur de champignons et d’herbe sauvage, le pêcheur compulsif (30 ombres et 3 kg de champignons pour 10 personnes), les deux artistes baroques, le « putainger » qui ne peut sortir une phrase sans le mot putain, l’homme qui disait mais « qu’est-ce qu’on est bien ici en Mongolie ?» et bien d’autres personnages.    

Encore merci à Yannick de nous avoir invité alors qu’il nous a rencontré qu’une seule fois.





Trek au Lac Khovsgol avec le Jo



















Ce matin, 6h00, on prend le taxi direction l’aéroport pour aller attendre le Jo, un petit suisse, qui vient passer un mois en Mongolie en notre compagnie. Après une heure d’attente dans le hall, le Guims aperçoit ce dernier en train de remplir un formulaire car son bagage n’est pas arrivé. Une fois les formalités faites, on l’accueille avec émotions. Les premiers jours sont une découverte pour lui car c’est la première fois qu’il sort de l’Europe. On est content de lui faire découvrir les lieux où on a vécu durant ces deux derniers mois. 

 Les moments forts sont :
-          Ah, une bonne fondue ! Après être allé récupérer son bagage un jour après son arrivée, on constate que la fondue et le chocolat suisse sont toujours dans son sac ainsi que d’autres surprises. Pour l’apéro, on déguste les délicieux biscuits de la Marie-Jo et la Sand découvre un petit mot de son neveu, Nohà, et elle s’effondre en larmes. En plus de cela, le matos tant attendu est enfin arrivé. Une nouvelle Katadyn et un ordinateur portable soigneusement préparé par Momo (encore un grand merci pour ton aide) ainsi qu’un petit ravitaillement en médicaments. En compagnie d’Aimé et d’Houslique, on mange cette merveilleuse fondue cuite sur notre réchaud à gaz. Cerise sur le gâteau, le coup du milieu avec une petite prune bien de chez nous. Quel moment magique pour nos papilles gustatives.  
 
-         Avec l’aide de notre chauffeur de taxi attitré, on va chercher des billets de bus pour Moron. Dès le lendemain, départ en bus public qui est rempli à la mongole. En gros, pour une question de sécurité, le bus part de la place officielle avec le bon nombre de personnes. Deux cent mètres plus loin, il s’arrête pour compléter chaque endroit vide où l’on peut mettre une personne. Une touriste qui a une place numérotée ne veut pas aller à sa place car elle estime qu’elle est mal placée. Elle s’attribue alors un autre siège et peu de temps après une maman portant son enfant veut s’assoir à la place qui lui est attribuée. Le chauffeur et d’autres personnes mongoles lui demande d’aller à sa place prévue mais cette dernière fait la sourde oreille. La maman se retrouve debout, son enfant dans les bras, au milieu du corridor. C’est alors que le Guims, ayant vu la scène et trouvant cela inadmissible, demande en anglais à la touriste de bien vouloir aller à sa place. Cette dernière s’exécute. Le Guims est fier de lui car ce n’est pas dans son habitude de réagir et une personne mongole le remercie. Durant ce séjour, on observera d’autres comportements de touristes qui ne s’adaptent pas du tout aux règles de vie du pays. On n’est pas étonné qu’après les touristes soient mal vu à cause de leurs comportements. Après 18 heures de bus, trois arrêts pipis, un repas et une courte nuit on arrive à Moron.  
 
-         A peine descendu du bus public, on monte dans un petit bus privé pour se rendre à Ratral au bord du lac Khovsgol. Avant d’attaquer notre trekk, on mange une assiette de goulache et là, stupeur. Où est l’appareil photo ? On se regarde les trois mal à l’aise et on émet l’hypothèse qu’il est resté dans le bus. Aucun de nous à vérifier qu’on ait toutes nos affaires. Le Guims stressé sort en courant du restaurant pour savoir si le chauffeur est encore là mais sans succès. Il demande alors aux marchandes du coin si elles ont vu le chauffeur et si elles le connaissent. Une des marchandes lui téléphone et l’appareil photo est bien dans son bus. On récupère l’appareil photo une heure après, tous soulagés. Durant ce temps, le Guims aura une boule au ventre qui disparaitra lorsqu’il mettra l’appareil autour de son cou. 

 -        Notre allure et notre équipement attire la curiosité d’une personne mongole qui nous demande où l’on va et d’où l’on vient. Il est avec une bande d’amis et fait du camping au bord du lac mais en voiture. Il nous propose de nous emmener sur l’autre rive. Cela nous arrange et nous évite de revenir en arrière pour traverser le seul pont. On s’entasse alors tous dans une jeep 4x4 avec nos trois sacs à dos. Un gain de temps précieux alors que cette partie du trajet n’est pas très intéressante.   

-        Un matin lors de notre petit déjeuner, deux garçons viennent vers nous avec un sachet et à l’intérieur, il y a du poisson. Ils nous proposent de le manger dans leur ger qui se trouve au bord du lac. Enfin, c’est ce qu’on comprend sur le moment. On se retrouve dans une ger à boire un sutetse en attendant le repas. Assez rapidement et après discussion avec la nomade, on se rend compte qu’on se trouve dans la mauvaise ger. Bon moment de rigolade et à l’heure actuelle, on ne comprend toujours pas ce que voulait réellement les deux garçons.   

-          Le but de ce trekk est de suivre au maximum le bord du lac. Un jour, on marche durant deux heures et on se retrouve devant une palissade où le seul passage est une porte sans cadenas. On n’hésite pas et on continue notre chemin. Un peu plus loin, une personne nous informe qu’on est dans un parc écotourisme où il y a des animaux et qu’il faut qu’on rebrousse chemin. Elle nous dit encore qu’on ne peut couper à travers la forêt car de l’autre côté il y a que des falaises. On rebrousse bien chemin d’environ deux cents mètres jusqu’à ce qu’on nous aperçoive plus. Sous l’impulsion de la Sand et du Jo on coupe en pleine forêt. Le Jo est en tête et soudain il crie « Oh putain, regarde, elle a un cul énorme !!! ». Une biche déboule devant nous. La Sand est complètement paniquée et engueule le Jo, en lui disant la prochaine fois tu nous dis que c’est une biche car elle a tellement eu peur. On continue d’avancer et le Guims ouvre le chemin en s’aidant de la boussole. Soudain, tel un film, le Jo et la Sand paniqués dit au Guims « on est suivi ». Le Guims regarde en arrière et voit une silhouette et trace comme un fou suivi de ses deux compères. Après une course effrénée, on s’arrête sans bruit et on attend. On reprend nos esprits, on discute de la situation et on a peur de se faire virer du parc alors qu’on nous avait interdit de couper dans la forêt. A ce moment-là, on se dit que ce qu’on fait est vraiment stupide et irrespectueux auprès de la faune. On décide alors de retrouver la piste et de sortir par où on est entré.     

-        Un autre jour, on arrive assez tôt au bord du lac et comme l’endroit est magnifique, plage sauvage, on décide d’y camper. Le Guims décide alors de sortir son matériel de pêche et le Jo se rend compte qu’il lui a donné du matos de merde. Le Jo essaie de pêcher pendant que la Sand fait un petit feu car il fait cru. Au bout d’un certain temps, il se décourage et veut arrêter. Là, la Sand regarde le lac et lui propose de continuer car il y a des ronds sur le lac. Soudain, victoire ! Le Jo en l’espace d’un quart d’heure nous rapporte deux ombres de 30 cm. On est heureux car ce soir c’est risotto de poisson. Le Guims tente de pêcher mais sans succès. Comme quoi il y a les bons pêcheurs et les mauvais pêcheurs.   

-        Durant une nuit, un cri d’animal retentit dans la clairière et réveille le Jo et le Guims. Les deux compères en discutent et se demandent quel est cet animal et à quelle distance est-il ? Ils en déduisent que c’est le bramement d’un cerf et qu’il doit être proche de la tente. A ce même moment, le Jo entend les pas d’un animal et un frottement contre la toile de tente. Il est pétrifié de peur, en imaginant que c’est un ours, car il a le reste du poisson dans sa tente. Le Guims le rassure et on se rendort. Le lendemain, sur la plage, on découvre des traces d’un cerf suivi de traces d’un loup.   

-         Pas évident d’avancer en pleine forêt, surtout en Mongolie où il n’y a pas de sentiers. Tantôt on passe sur des troncs d’arbres, tantôt dessous des branches. On se griffe et les mouches et les moustiques ne nous laissent aucun répit. La nature ne nous permet pas d’avancer en ligne droite et cela nous oblige à nous situer uniquement avec la boussole. C’est un véritable parcours du combattant. On arrive au bout de la journée complètement crevés.   

-        Après la forêt, les marais. On se retrouve bloquer un matin après avoir marché 300 mètres par les marais. Après avoir tourné durant une heure, on rebrousse chemin pour retrouver les rives du lac. De là, on suit la plage et on se retrouve bloquer par la rivière. Le Guims veut essayer de traverser en portant les sacs à bras levés mais vu la profondeur cela nous semble impossible. Comme il n’y a pas d’autre passage on décide de repasser par les marais. Soudain, le Jo dit au Guims de regarder un peu plus loin sur le lac et ils observent des petites vagues qui se cassent non loin de là. Il doit avoir possibilité de traverser par là. On remonte les pantalons, on enlève les chaussures et l’un après l’autre on entre dans le lac où l’on suit une bande de sable qui décrit un arc de cercle. Grand moment de joie et de délires.   

-         On a envie d’un bon sutetsè alors on se dirige vers une ger. Là, le Jo découvre l’hospitalité des nomades. Pour la première fois, on mange du poisson sous huile qui est délicieux. Bamber nous propose de dormir chez elle ce qu’on accepte très volontiers pour que le Jo s’imprègne de la vie de nomade. Que de surprises, les enfants nous invitent à monter à cheval ce qui est une première pour le Jo. Comme les chevaux sont fatigués, on va gentiment à la rivière pour les faire boire et on constate qu’il y a du poisson. On décide alors d’aller pêcher avec Kompot, Chimke et Sanserma- Le Jo pêche un poisson trop petit alors il décide de le relâcher. Le Jo doit garder son calme car pêcher avec des enfants n’est pas toujours évidents surtout que Kompot lance des cailloux sur les poissons. Dès le soir venu, on leur donne un coup de main pour regrouper les bêtes autant les yacks, les chèvres et les moutons. Le Jo a même la chance de monter à cru sur un cheval et il a comme mission de ramener les bêtes à la ger. Juste avant notre départ, le Jo reçoit un ustensile allongé en bois. Sur celui-ci est gravé tous les animaux de la région. En le plongeant dans du lait puis en bénissant les quatre points cardinaux, cela nous assurera un bon voyage. Quel beau cadeau de la part de Kompot et le Jo est très ému. Lors de notre retour, ils tiennent à ce qu’on s’arrête à nouveau pour leur dire au revoir. Durant ce petit séjour, on profite de déguster les plats mongols et le Jo changera de nom pour Jimis. 

  -          On se prend une journée pour profiter du bord du lac où on fait nos lessives. On pêche mais sans succès et le Jo et le Guims prennent une douche glacée dans le lac. Dès le lendemain, lorsqu’on range nos affaires un nomade avec son troupeau vient vers nous pour discuter. Il est fasciné par notre carte géographique du lac. Comme il bouge beaucoup du à son troupeau, cette carte pourrait lui servir fortement. On hésite à lui laisser car on a encore de la route. Mais finalement, on la prend en photo au cas où on se perdrait. Il est tellement heureux qu’il nous invite dans sa ger. Comme il ne nous voit pas arriver, il envoie ses enfants nous chercher avec le troupeau de chèvres et de moutons. Lorsqu’on se trouve chez lui, on déjeune un délicieux taraque, des biscuits, de l’orum et des arruls. Sa femme qui est médecin nous prend à chacun notre tension qui est excellente pour les trois. Ensuite, match de foot, séance photos, cadeau pour chacun et on se quitte là.   

-        Sur le chemin du retour, comme promis on s’arrête à la ger de Bamber pour leur dire au revoir. Là, elle nous informe que Khishgee, hé oui c’est bien la même, arrive demain avec des touristes. Avant notre départ au lac, Khishgee nous avait informée qu’elle connaissait une famille nomade mais ne connaissait pas leur campement d’été. Coup de bol, on se trouve exactement dans la bonne famille. Malheureusement, on ne verra pas Khishgee qui arrivera un jour plus tard.   

-        On se retrouve à Ratan à chercher un bus pour rentrer sur Oulan Bator. Le bus public est déjà complet et le suivant n’est que le lendemain. On prend l’option d’aller en bus privé. On se retrouve à 20 personnes dans un bus à 12 places, écrasés les uns contre les autres. Le trajet durera 24h dont quatre pannes, une personne mongole bourrée qui vomira tous les 3km. On s’arrêtera deux fois pour manger et, durant le premier arrêt, on entendra une chèvre se faire égorger. Pour le Jo, c’est une expérience qu’il n’oubliera pas et pour nous le pire trajet en bus qu’on n’ait jamais fait. On arrive à Oulan Bator lessivé mais heureux d’être enfin arrivé et entier. 

Ce trekking aura été une belle expérience de vie à trois. La communication a bien passée malgré les nombreuses difficultés rencontrées. Il nous aura fallu une journée de marche sur la piste contre trois jours en suivant le bord du lac. Même si on a rencontré pas mal de pluie durant ces neuf jours, le lac était toujours bleu azur.  











Naadam








Qu’il fait bon être de retour à Oulan Batar où l’on retrouve notre maison d’Asie. Ce qui a changé, c’est que l’appartement de Khishgee s’est transformé en guesthouse. Comme tout n’est pas tout à fait fini et on passe quatre jours à terminer les travaux. On fait également des allers-retours à l’ambassade de Chine pour l’obtention du visa où l’on rencontre d’autres touristes qui partagent avec nous un bout de leurs voyages (le barbu et la canadienne).

On participe à l’ouverture du Naadam. Au stade, se déroule le défilé représentant l’armée de Gengis Khan apportant ses étendards. On frissonne lors de l’arrivée de cette armée avec ses archers, ses cavaliers qui représente la tactique de guerre de Gengis Khan. Quelques mots du président, des chants lyriques, des défilés de costumes d’époque, des danses, tout un cérémonial pour engager les compétitions sportives. Beaucoup d’applaudissements et d’émotions pour les spectateurs mongols.

On passe le reste de la journée à regarder avec curiosité la lutte, le tir à l’arc et les osselets. Ce qui nous impressionne est la taille des lutteurs, la précision des archers et la concentration des compétiteurs aux osselets. Le lendemain, on participe avec Justine et Quentin (2 logeurs de la guesthouse) aux fameuses courses de chevaux qui se déroulent en dehors de la ville. Ce sont des enfants entre 5 et 8 ans qui montent à cheval, le plus souvent à cru. La course se déroule entre 30 à 40 km en fonction de l’âge des chevaux. On assiste à deux courses où plutôt deux arrivées. Dès l’arrivée du vainqueur, les personnes mongoles touchent la transpiration du cheval et s’en mettent sur le front signe de bonheur durant l’année.

Une fois le Naadam terminé, la guesthouse est quasiment prête. Avec l’aide d’Aimé (maman de Kishigee), d’Ilmo et Houslique (neveux), on fait les finitions esthétiques et pratiques. La Sand apprend à Aimé à faire des œufs au plat, le Guims s’occupe de tout ce qui est électrique et tout est prêt à minuit la veille de l’arrivée de cinq polonais. On a un coup de main de Bata et son mari pour déplacer quelques meubles.

Un moment incroyable nous arrive avec un belge rencontré dans un cybercafé. Alors qu’on cherche un restaurant mongol pas cher, on tombe sur Bayar au travers d’une route. Ce dernier nous accoste en bon anglais et nous propose son aide. On est méfiant car il est en costard et que son chauffeur l’accompagne. Il nous emmène dans un restaurant où l’on mange que du mouton, il passe notre commande et il s’en va en nous laissant sa carte de visite. Quelques minutes plus tard, il réapparait et annule notre commande directement à la cuisine. Comme la Sand n’avait pas envie de manger du mouton, il nous conduit dans un autre restaurant. On consulte la carte qui semble très bien. Là, coup de théâtre, il nous dit « Hey gays, take all that you want, it’s a present for you, it’s my pleasure ». On se regarde les trois ébahis et on se demande où est l’arnaque. On lui dit que c’est la première fois que cela nous arrive, on est surpris par son geste et on veut savoir ce qu’il y a derrière. Là, il nous dit à nouveau, que c’est pour son plaisir. On accepte en prenant une viande à un prix raisonnable. Il nous demande s’il peut boire un verre en notre compagnie et on accepte. Il se lève et revient avec quatre verres de rouge à notre grand étonnement. On déguste ce succulent vin, en mangeant notre repas, tout en discutant avec Bayar. Il est directeur d’une agence de voyages et travaille également dans d’autres domaines. Si un jour on est intéressé, il peut nous trouver du travail et serait prêt à nous engager. Ensuite il nous propose de passer un après-midi au parc du Terelej à faire de la pêche. On est intéressé mais finalement, cela ne se fera pas. On ne comprend pas qu’elles sont les véritables raisons de son geste mais on a passé un très bon moment ensemble. On constate que si un inconnu bien habillé nous aborde en pleine ville, on a de la peine à  rester ouvert car l’intérêt financier nous vient tout de suite à l’esprit.

jeudi 4 août 2011

Pekin et ses environs








On reprend à nouveau notre bon vieux transsibérien et dans notre cabine, on rencontre Nergui et Ideree, un couple de Mongolie. Cette dernière est malade et elle va se faire soigner sur Pékin. En effet, les soins hospitaliers en Mongolie ne sont pas adéquats. Le courant passe bien entre nous et à l’aide de leur dictionnaire mongole-anglais, la communication se fait facilement. L’arrivée à Pékin est plus difficile : 33 degrés avec un ciel rempli d’humidité, un monde fou sur la place de la gare et beaucoup de gens qui nous accostent. On se dirige à pied vers notre guesthouse tout en découvrant une minuscule partie de Pékin.

Voici les moments forts et plus difficiles :

-On rencontre David (France) et Raphael (Allemagne) qui nous font partager leurs expériences nocturnes. Ils font l’expérience d’une nuit dans un quartier un peu particulier de Pékin. Il en ressortira pour David une nuit torride et pour Raphael, la nuit la plus chère pour son porte-monnaie. Mais bon, ils s’en sortent bien car cela aurait pu mal se terminer.

-Suite à la suggestion de David, on va faire un tour au marché des fausses marques où la négociation est de mise. A peine arrives, on se fait accaparer par différents vendeurs qui veulent absolument qu’on achète quelque chose. Les choses se compliquent quand on s’intéresse à un t-shirt pour le filleul de la Sand. On demande le prix et son premier prix est de Frs 50.- mais comme on est ses premiers clients elle descend à Frs 25.-. On trouve cela trop cher et on lui dit qu’on est plus intéressé. Elle nous traite de « crazy » et nous demande un nouveau prix. On lui propose Frs 3.-  en espérant l’obtenir pour Frs 6.- et là, elle nous traite de « stupid ». On décide de quitter le magasin mais deux vendeuses retiennent la Sand par les bras. Elle se débat tout en étant fortement énervée. La Sand s’en va et le Guims qui n’a pas aimé cela et discute avec la vendeuse de son attitude. Au final, une autre vendeuse s’en mêle et demande au Guims de s’en aller. A un autre endroit, la Sand voit une jolie petite robe et de nouveau le prix est trop élevé pour ce que c’est. On décide de ne pas l’acheter et on s’en va. Alors la vendeuse nous suit et nous traite de  « crazy » car on ne lui a pas achetée la robe à Frs 12.-. On quitte ce marché pour aller faire un débriefing au Mc Donald après que la Sand est dit au Guims « la prochaine qui m’approche je lui pète la gueule ». Le Guims n'a jamais vu la Sand dans cet état. Un marché où l’on ne retournera pas, non pas pour l’argent mais pour l’attitude des vendeuses.

- Dès notre arrivée, on va faire notre demande de visa mongole et là, impossible de faire une demande en 7 jours. On est obligé de faire une demande expresse sans explication qui nous coûte le double. Ensuite, on passe chercher notre billet de train pour le retour et là, grande surprise, le même trajet en sens inverse nous coûte le double de celui en Mongolie. On ne comprend pas pourquoi le prix change autant et notre budget en prend un coup.

-On fait différentes visites (Cité interdite, Parc d’été, Temple du Ciel, Les tours au tambour, stade olympique) et on est surpris de constater que les prix d’entrée de ces différents sites aussi chers. En sachant que le salaire moyen d’un chinois à Pékin est d’environ Frs 120.-, l’entrée à la Cite interdite lui coûte Frs 8.- et ce n’est pas le plus cher. On est également surpris de voir autant de touristes chinois qui se bousculent pour prendre en photo des choses qui sont à nos yeux peu importantes.

-On cherche des informations sur internet dans le but de faire quelques jours de trekk aux alentours de Pékin mais à chaque fois, soit on nous refuse dans les cybercafés (chaque chinois a une carte afin que les autorités sachent ce qu’ils consultent), soit, les sites intéressants sont bloqués. Il nous est arrivé qu’ils nous bloquent un site alors qu’on était en train de le consulter. Ce qui nous a dissuadés à faire des trekks, c’est de ne pas trouver de carte et d’avoir des points d’eau très polluée. La cerise sur le gâteau, le camping est interdit en Chine sous peine de se faire ramener dans le village le plus proche par la police.

-Le Guims est une star en Chine. Sur chaque site visité, des personnes lui ont demandé s’ils pouvaient prendre une photo avec lui. Serait-ce à cause de sa barbe ? La seule fois, où la Sand a été prise en photo par un couple de chinois, le Guims était malade et dormait à la guesthouse. 

-On adore visiter des villes à pied mais à Pékin, on s’est rendu compte que c’était impossible car les distances sont énormes. On ne prend pas de taxi ou de tuc-tuc pour nous éviter des énervements. David et Raphaël ont vécu des histoires pas très comiques avec des chauffeurs de taxi ou de tuc-tuc. On se déplace alors en métro.

-Après 8 jours à Pékin, on a besoin de prendre l’air et on part direction Chengde en train (ville au nord de Pékin à 200 km). Là, c’est bien différent, les gens sont très sympathiques, on fait du fitness extérieur avec eux où ils nous montrent comment utiliser les machines et le responsable de la guesthouse est adorable. Il nous apprend qu’à Pékin on s’est fait arnaquer en achetant des fruits dans un magasin. On a payé Frs 15.- pour deux pommes, une pêche et deux oranges. Comme les prix ne sont jamais affichés, ils mettent le prix à la tête du client. Notre guesthouse-man est tellement sympa qu’il va nous chercher lui-même des fruits pour avoir un prix raisonnable. Un soir, on se balade dans la ville et arrivés vers un pont, on découvre un grand nombre de chinois dansant sur des musiques très rythmées. Ce qui nous a surpris est que chaque chanson a sa propre chorégraphie et qu’ils les connaissent sur le bout du doigt. 

-On passe toute une après-midi en compagnie d’Idere et Nergui qui sont à l’hôpital. Les trouver fut la chose la plus difficile qu’on est faite à Pékin. On passe une heure à les chercher avec l’aide de deux médecins et de trois infirmières pour connaître leur numéro de chambre. Pour cela, on décrit physiquement Idere (taille, poids, maladie, âge) car on ne sait pas comment son nom s’écrit en cyrillique. Difficulté supplémentaire, les médecins ne parlent quasiment pas anglais. C’est un super moment où les médecins et infirmières sont adorables. 

Ce petit séjour à Pékin a été difficile pour nous car la transition entre la Mongolie et la Chine est incomparable. Passé d’un pays où l’hospitalité est de mise à un pays où votre tête ressemble à un billet de dollars, l’adaptation est plutôt difficile. On avait prévu de faire 4 mois en Chine mais on se rend compte que c’est un pays qui ne nous donne pas l’envie de passer trop de temps.

samedi 2 juillet 2011

Trek au parc naturel du Terelj

Apres 1 jour de lessive, 1 bonne nuit de sommeil, 1 bonne douche, on repart pour 10 jours en trekking au parc naturel du Terelj.  Le parc se trouve dans une region montagneuse et il y a des rivieres ou on peut se ravitailler. On a le strict minimum pour eviter que nos sacs a dos ne soient trop lourds. Notre chauffeur de taxi attitre nous conduit a 50 km d Oulan Bator, au village de Terelj.
A peine 5 minutes de marche effectue, on se retrouve bloque par une riviere. On demande s il y a un pont plus bas mais on nous repond non. 1 minute apres, un cavalier vient nous proposer ses services pour traverser la riviere a cheval pour 30'000 T (CHF 21.-) pour 20 metres ce qu on refuse. Alors, on se dechausse et on traverse la riviere avec nos chlapes. Aie, aie comme ca fait mal cette eau glacee sur nos petits pieds. Les batons nous sont bien utiles pour garder l equilibre avec le poids de nos sacs.

Les moments forts de ce trekk sont :

- En pleine steppe, le Guims voit un panier de basket et un jeune qui y joue. Il ne peut resister a la tentation et va faire quelques shoots avec lui (le Guims est "on fire"). Apres une courte partie, le jeune nous propose du tarake (yogourth) qu on accepte avec un grand plaisir vu nos repas alleges. Il parle quelques mots anglais et il est fier de nous presenter sa ger et ses bebes veaux (moitie yack, moitie vache).
- Au milieu d une matinee, une petite pluie fine et un vent frais tombe sur la vallee. On s arrete pour s abriter sous quelques sapins et on fait du feu pour se rechauffer. En meme temps, on brule nos dechets comme les nomades. On profite de cet arret pour manger et comme il pleut moins on decide de se remettre en route. A peine les sac a dos charges, il recommence a pleuvoir. La, on se dit que c est une journee de merde. C est la que durant 5 minutes on vit un moment unique et incroyable. Le Guims apercoit un renard gris qui s approche de nous. Comme il a plu, il ne peut nous sentir et c est comme si on existait pas. On suppose qu il cherche a manger. Lorsqu il arrive a 10 metres de nous, il remarque notre presence. Il s arrete, nous regarde et fuit tranquillement. On est juste heureux de ce qui vient de se passer et ce n est pas termine ! Dans le meme temps, le Guims se retourne et demande a la Sand de ne pas faire de bruit. Devant nos yeux ebahis, un jeune cerf marche paisiblement a 20 metres de nous. Il s arrete, nous apercoit et reste la a nous observer. Soudain, il decide de partir en gambadant majestueusement comme s il voulait nous montrer toute sa beaute. On est tout emu surtout le Guims. Lorsque la motivation est au plus bas, il suffit parfois d etre a l ecoute de ce qui nous entoure pour trouver un element qui nous donne la force d avancer. La nature nous a offert un fabuleux spectacle qui nous rechauffe le coeur et nous motive a continuer.
En chemin, on se reapproisionne en eau avant d attaquer le col qui se trouve devant nous. On ne trouve pas de sentiers. On se pause pour observer la carte et les montagnes. Apres une bonne demie-heure de reflexion, on decide d avancer dans de hauts buissons. La marche est fatiguante et on n est pas au bout de nos peines car des marecages nous attendent, moustiques compris. Plus on avance, plus ca s assombrit et de lointains coup de tonnerre retantissent. On est en plein marais, entoure de foret (on nous a averti qu il y avait beaucoup de loups) et l orage vient sur nous. En fonction de ces elements, il est trop risque de continuer. On a les deux peurs et on decide de rebrousser chemin pour trouver un endroit afin de nous proteger de l orage. Le Guims n a jamais vu la Sand aussi effrayee du a l orage. On se glisse sous la tente et on attend que l orage passe.

- Deux jours de marche sans croiser un seul nomade, on apercoit enfin une ger. Comme la faim est toujours presente, on decide de s y arreter. Les nomades nous apercoivent alors qu on est a 100 metres de chez eux car leurs chiens aboient. Surprise, lorsqu on arrive, les chiens sont attaches et quelqu un nous attend dehors. On a droit a un petit dejeuner plus que copieux ou on profite de remplir nos estomacs (oorke = flan, botseque = pied de chevre, orum, tatare). Mais cela ne s arrete pas la. Ils nous preparent de la mach = viande juste pour nous ! Le mouton est delicieux avec peu de gras et la Sand en mange meme deux fois. Durant le repas, ils incistent pour qu on mange car ils nous trouvent trop maigre. Le Guims arrive a bien communiquer avec eux et raconte notre vie de nomade. On repart avec peine a cause de la digestion et de la chaleur malgre leur invitation a faire la sieste chez eux. L hospitalite de ce peuple nous touche a nouveau enormement.
Apres deux heures de marche, en passant non loin d une ger, une petite fille fait sursauter la Sand alors qu elle vient nous inviter a prendre un sue te tse = the au lait sale. On se retrouve dans la ger a deguster d autres specialites (aaruul = bonbon au yogourt seche, botseque). On a droit a nouveau un repas, de bon boots = raviolis au mouton. Pour la premiere fois, la communication est difficile mais ils sont ouverts et souriants et tout se passe bien. Ils nous proposent de dormir la mais on ne peut accepter car de la route nous attend. On constate que les nomades apprecient l arrivee des etrangers chez eux car cela change leur quotidien.
Enfin une journee sans nos supers nouilles, quel bonheur !
 - 1er essai de peche pour le Guims. Premiere etape, faire les bons noeuds de peche. Deuxieme etape, chercher des appats. Pas evident du tout pour le Guims qui s efforce de courir apres de minuscles sauterelles qui lui filent entre les mains. Troisieme etape, etudier le courant pour trouver l endroit strategique ou se cachent les poissons. Le courant est trop fort pour mettre les pieds dans l eau. Alors muni d une branche de bois et du matos de Jonas, il tente en vain de pecher quelque chose. 2eme essai, il tente le tout pour le tout en mettant les pieds dans l eau. Apres 2 heures de peche, rien au grand regret de la Sand qui a faim. Moralite : il y a de bons et de mauvais pecheurs. Le Guims fait partie des... a vous de choisir !
- Le temps change tres rapidement en montagne et on se fait surprendre par la pluie. On decide de se proteger en se dirigeant vers une ger ou un nomade est dehors. On passe un court moment avec lui et il nous offre un the sale. On trouve sa ger minuscule ou il n y a pas de lit, juste un poele et quelques couvertures. Il nous explique qu il vient d une region voisine ou il y a beaucoup de vent. Le vent a detruit dernierement ses enclos et tout son betail s est eparpille. L endroit ou l on se trouve est marecageux et il a plante des pouces d arbustes (bout de bois). Il reste la pour eviter que les yacks ou les chevres viennent les manger. Une fois que les arbustes auront grandi, il va les ramener chez lui pour proteger ses enclos du vent. On est surpris qu il veille sur ses arbustes car selon nous, un arbre met du temps a grandir. Une petite eclairici apparait et on decide de repartir.
On se fait suprendre a nouveau par l orage et on assiste a la beaute de la force de la nature : eclairs, vent, pluie, tonnerre, sur toute la vallee. La, une famille nomade nous fait de grands signes car le tonnerre est de plus en plus fort alors on va se proteger chez elle. On ne va pas se repeter de nouveau un accueil incroyable ou on mange pour la premiere fois de l agneau juste fait pour nous et des pembers = galette fris. Le nomade nous propose de dormir chez lui ce qu on refuse car on a la tente. Il cherche alors dans notre dictionnaire ces deux mots  "empreur" et "dormir". Il veut nous dire que si on dort dans sa ger on dormira comme des rois. Vu la quantite d eau qui s abat dehors et principalement son hospitalite, on accepte sa proposition. Le Guims propose de l aider, des le lendemain, car ce dernier demenage sa ger dans une autre vallee. Il refuse avec le sourire en mentionnant qu il y aura assez de bras. On passe egalement un bon moment avec sa maman, une tres belle femme, qui nous offre du tarake = yogurth. On a failli oublie, il nous invite a participer au Naadam organise vers son nouvel emplacement.
- Trois jours avant la fin de ce trekk, on marche tranquillement dans une vallee ou le ciel est bleu et le soleil brille de mille feu. Une jeune fille vient a notre rencontre et nous propose dans un bon anglais de venir nous reposer dans la ger de ses parents. Vu la chaleur, une petite pause a l ombre nous fera pas de mal. Comme d habitude, bon accueil avec cette fois-ci, tarake =yogurth a gogo pour le Guims. Le tarake est delicieux et le Guims en mange 3 bols avec delice. Vu l extase du Guims devant le tarake, la mere nous en offre 2 LITRES dans une bouteille en pet, avec quelques "aarul" (yogurth seche). Apres une heure de repos, on reprend la route avec un peu plus de diverstite dans notre nourriture.
- On passe notre derniere nuit juste a cote d un endroit tres touristique ou la Sand trouve le seul endroit plat ou poser la tente. C est juste a cote d une route qui est au premier abord est peu frequente. Notre nuit est peu reposante du au passage des voitures et des campeurs. Ils hurlent avec la musique a fond et ils coupent du bois a la hache a 2 heures du matin. Lors de notre reveil a 6h00, le Guims est bien enerve et fait le plus de bruit possible pour les reveiller. Oeil pour oeil, dent pour dent. Le dernier trajet se fait avec peine car on est en manque d eau et que le soleil tape de plein fouet. Encore chance qu on a le yogurth pour nous desalterer, meme s il commence a fermenter. La Sand a mal aux articulations et les deux dernieres heures sont vraiment penibles. C est le debut d une bonne grippe pour cette derniere.
  
- Durant ce trekk, le rapport entre la nourriture et l effort fourni n est pas proportionnel. Au debut, on marche environ 30 km/j et l apport journalier est de deux tranches de pain pour le dejeuner, une pomme pour les deux et deux paquets de nouilles de 110 gr chacun. On remarque que des le 3eme jour, le rythme impose est trop important et on ralentit. On decide de faire un parcours plus court et de profiter d observer la nature et ainsi de ne pas engloutir les km. Il nous est arrive de se coucher en ayant vraiment faim. Le manque de nourriture est difficile pour le corps et l esprit surtout dans l effort. Malgre des moments difficiles, on a su s epauler pour passer la-dessus. A la fin du trekk (9 jours), la Sand a perdu 3 kg et le Guims 1 kg.
On est content de ce trekk ou on a appris beaucoup de choses sur nous. C est le trekk le plus long qu on est fait en duo et en autonomie. Les paysages etaient magnifiques et la flore etait tres abondante. Meme si on a eu de la pluie tous les deux jours, cette derniere apporte toujours le beau temps. Que se soient les bons moments ou les plus difficiles, on a apprecie les vivre. De nouveau, la douche est un moment de bonheur, meme si durant le trajet on s est lave a la riviere. Merci a tous les nomades qui nous ont accueilli durant ce trekk.

jeudi 16 juin 2011

Desert de Gobi







 



On souhaite se rendre au desert de Gobi mais si on passe par une agence a Oulan Bator cela va nous couter trop cher. On decide d y aller seul avec les conseils de Kishigee qui nous indique les lieux a visiter et le prix d un chauffeur sur place pour trois jours. On aimerait faire un trekk mais comme il y a seulement 0.8% de la population qui y vit et que l eau y est rare, on y renonce.

Grace a l aide de Bognia (soeur de Kishigee) et notre chauffeur de taxi attitre, on trouve enfin un bus pour Daranzadrate apres deux jours de recherche. Durant ce temps, on visite le monastere Gandantegchenling ou une ecole bouddhiste est toujours en activite. On entre dans le temple principal et on reste sans voix devant une gigantesque statue de 26.5 metres recouverte d or qui respresente Janraisig. Les gens sont en admiration devant elle, alors que pour le Guims elle y fait peur. Dans une autre partie du site, on assiste a des chants de priere par des moines bouddistes. Les instruments de musique nous font penser au film '7 ans au tibet' et la Sand cherche Brad desesperement. On a le sentiment d etre a une grande montee vers paques :  rires des jeunes moines, regards echanges et ils se taquinent. Dans l apres-midi et comme le temps le permet, on profite de decouvrir la ville depuis ses hauteurs avec notre chauffeur de taxi attitre. La, on est surpris de voir autant de personnes mongoles se promener sur le point de vue. Il y a meme diverses animations principalement pour les enfants. Lorsqu on retourne a la maison, les rues sont bondees et c est la fete. C est a ce moment-la qu on comprend qu aujourd hui c est la fete des meres et des enfants (01.06.2011). Dans l attente de partir au Gobi, on passe beaucoup de temps avec les neveux et nieces de Kishigee, Zaya (14 ans) et son frere Zemtlang (12 ans) ainsi que leur cousin Ilmo (7 ans). Ils sont tous les trois adorables et ensemble on rigole bien. Tout ce petit monde dort chez Kishigee.

Dans l appartement c est le bronx. La salle de bain est en travaux pour la future guesthouse (un des nombreux projets de Kishigee). Il y a de la poussiere absolument partout et on decide de tout nettoyer pour ameliorer notre vie en communaute. En meme temps, on dort parterre et sans vous mentir ca nous eclate de tout nettoyer. Pour le Guims, c est bien la premiere fois.

Jour J, enfin on prend le bus direction le desert. Nos places sont situees juste derriere le chauffeur et on est dos la route. On ne sait pas encore que le moteur se trouve juste sous nos fesses. Durant le trajet, la chaleur degagee par celui-ci rend notre corps en ebullition. Par chance, on a un peu d air qui vient de l ouverture du toit. C est la guerre entre les personnes qui veulent fermer du au courant d air et ceux qui veulent ouvrir du a la chaleur. On essaye d un peu dormir mais comme tout le monde s etale, on se retrouve coincer. A chaque bosse, on bouge et il est impossible de maintenir notre nuque. Apres 14 heures de bus, 3 arrets pipi, 1 pause souper on arrive a destination avec 2 h. d avance. A Daranzadrate, les rues sont desertes mise a part quelques joggers car rien n ouvre avant 9h00 et qu il est 6h00 du matin. Malgre le froid, on se couche sur des bancs pour dormir un peu. Au bout de 30 minutes, la Sand a froid et reveille le Guims qui dort a point ferme. On se promene dans le village afin de trouver un chauffeur avec voiture. On s arrete devant un panneau publicitaire de location de voitures et on essaye sans succes de comprendre les prix affiches. En passant devant un cafe, une dame nous invite a entrer alors qu il est 8h00. Elle est un peu pompette mais tres sympathique. On lui explique qu on cherche un chauffeur et elle nous propose son fils. Une femme vient discuter avec nous des tarifs en anglais. Finalement, ce n est plus le fiston de la dame qui pourrait nous emmener mais un ami. Lorsqu il nous donne son prix pour 3 jours, cela correspond a un salaire moyen d un mois en mongolie sans compter l essence. Comme il exagere, on refuse. On sort du cafe et dans la grande rue, on accoste un monsieur. On lui explique ce que l on cherche en lui montrant le panneau publicitaire de location de voitures. Sans dire un mot, il nous montre de le suivre. Grace a lui, on trouve enfin un chauffeur ou le prix nous convient. Il s appelle Batrick et il est d accord de partir de suite. Il a juste besoin d aller chercher ses affaires chez lui, pendant qu on fait les courses dans le shop de sa famille. En l attendant, une personne qui construit un mur vers l epicerie demande au Guims un coup de main ce qu il accepte. Apres trois brouettes remplies de briques, cette personne revient avec une brique de jus de pomme qu il nous offre. Il nous propose aussi de gouter a sa vodka ce qu on accepte volontiers. Nous voila partis.

Les moments forts sont :

- Dans le desert du Gobi, on marche sur de la glace eternelle. Joli paysage mais pour nous, cela est une attraction pour les touristes. Effectivement, la glace se trouve dans un parc payant.

- L invitation d une famille nomade a passer la nuit vers la ger (yourte) et a vivre des le lendemain un djidjik (petit) Naadam. On assiste a la preparation des chevaux ou ils sont tunes comme pour une course de voitures (coiffure, brosser, nettoyer, tresser la queue, coller des tissus sous les sabots et meme certains devait etre probablement lustres). Ce qui nous etonne le plus est de voir l attention qu il porte a ces animaux. Le lieu du Naadam est un lieu sacre ou se trouve un "Ovoo". Il est dresse en l honneur des Esprits des lieux. Il est consitue de pierres, de branches de pins ou de melezes. Ensuite, durant les ceremonies ou un simple passage sur le lieu, chacun ajoute son tribu. Par exemple une pierre, un khadag (echarpe bleue), crane d animaux etc...et il faut faire trois fois le tour dans le sens des aiguilles d une montre en posant les objets. Le Guims participe a une ceremonie bouddihiste sur un autre lieu sacre ou seul les hommes ont droit d y assister. Ensuite, on assiste a la course de chevaux monte a cru par des enfants ou la distance parcouru nous parait tres longue. Le gagnant est l etalon de la famille qui nous a invite. Comme on a encore de la route, on les laisse et on est content de leur acceuil .

-Les dunes de Khongorin Els sont longues de 85 km et donne l impression d avoir ete pose entre la steppe et les montagnes. Lors de notre montee sur une des plus hautes dunes, on entend un bruit particuliers qui ressemble a un bruit d avion. On regarde en l air mais rien. On apercoit des personnes qui descendent de la dune ou a chaque fois qu ils s arretent le bruit s arrete. En realite, la dune chante sous leurs pas. On continue notre ascension qui est franchement epuisante. On avance de trois metres tout en reculant d un metre et ensuite on fait une pause pour reprendre notre souffle. Lorsqu on arrive enfin en haut apres une heure de marche, on est... autant surpris que meduse par le spectacle qui est devant nos yeux. L emotion est a son comble et on reste un bon moment a contempler l immensite. Puis, le Guims decouvre qu il peut faire chanter la dune en marchant sur la crete et s amuse comme un enfant. En redescendant, on s eclate a faire chanter la dune de facon differente, juste incroyable a entendre. C est le moment le plus beau de ces trois jours.

- En rentrant des dunes, le chauffeur se perd dans l immensite du desert. On se retrouve chez des amis qui nous invite a participer au coupage de couilles des moutons et chevres. Non, ce n est pas un gag ! Le Guims deguste a nouveau alors que la Sand est degoute surtout qu elles sont enormes ! Des nomades partagent leur tabac avec nous ce qui est une coutume de bienvenue en mongolie. Ils ne sont pas obliges de le faire c est selon leur envie. On part pour decouvrir les traces de dinausores et en route notre chauffeur nous fait decouvrir une oasis ou l eau est pur et sacree. La, alcool a gogo ! on boit une bouteille de whisky de la region avec de l eau fraiche de l oasis et la Sand est pompette. On est decu par les traces des dinausores car un simple ossement est considere comme un dinausore. Par contre, le paysage est magnifique avec des roches rouges. Notre chauffeur nous amene chez des amis qui distillent de l alcool de lait de chamelle. Coktail a gogo plus biere pour le Guims. On goute aussi du lait de chamelle frais qui est absolument delicieux. Sur le chemin du retour, le chauffeur est bourre et le Guims a mal au ventre. Notre chauffeur nous emmene voir sa famille sans demander notre avis et on se laisse guider.

Le desert de Gobi est tres particuliers par la diversite de ses paysages qui sont tantot des plaines de cailloux, de sables, de dunes, de montagnes et d herbes vertes. Il y a meme des loups qui y vivent.

Arrives en voiture avec un chauffeur chez des nomades est tres different que d y arriver a pied. On se sent comme de vrais toursites et consideres comme tel jusqu au moment ou l on raconte notre experience chez Nemenjin. Leurs regards changent sur nous et l accueil y est different. Par exemple, vers les dunes on a demande de l eau a une ger et ils ont refuse en nous envoyant acheter de l eau au seul hotel du coin.

De nouveau, lors du paiement de notre chauffeur, l alcool plus la pression des autres chauffeurs nous met dans une situation delicate. On payera finalement plus cher que prevu. On est decu car on est considere comme une source potentielle d argent. On remarque a nouveau la mauvaise influence qu a l argent sur certaine personne.

Vive les trekk a pied.