dimanche 26 février 2012

La Birmanie entre beauté et oppression











Depuis notre hublot, on aperçoit la ville de Yangon de nuit peu éclairée, comparée aux milles lumières de Bangkok. Après deux heures de retard, on touche le sol birman et très vite on découvre les femmes maquillées au tanaka et les hommes habillés avec leurs longyis. Dans les rues sombres, on cherche une guesthouse en faisant attention où l’on met les pieds étant donné qu’il y a des trous partout sur le trottoir. Les odeurs tantôt de cuisine, tantôt de détritus rappelle fortement à la Sand l’ambiance de l’Inde et elle se demande où elle a atterrit.
  
Les moments forts sont :
     
- L’escalator et les jeunes moines. Pour visiter Shwedagon Paya à Yangon, on emprunte des escalators et surprise en arrivant en haut. Une quinzaine de jeunes femmes moines sont tétanisées à l’idée de prendre les escalators pour descendre. Certaines ont l’air paniquées, d’autres intriguées devant cet engin moderne. Là, on réalise qu’on est dans un pays à part. Image d’un autre temps d’observer une jeune moine hésitante et apeurée devant ce tapis roulant, écoutant les conseils d’une dame. Puis soudainement, elle bondit sur ce dernier tout en s’agrippant à la dame venue en aide. Premier aperçu d’un pays où la population découvre la modernité. 

- Tentative de sortir des sentiers battus. Après la visite du monastère du Mont Popa, on retourne au village à pied. Le long du chemin, beaucoup de personnes entassées dans les pick-up ou les bus nous lancent un « hello » ou nous saluent en levant la main. Les rôles sont inversés, les touristes à pied et les birmans en pick-up. Cela surprend et provoque bien des sourires. On arrive au village et on se renseigne pour trouver un lieu où dormir. Il n’y a que deux hôtels, un à 70 dollars la chambre et l’autre à 40 dollars. C’est trop pour notre budget et il nous est impossible de dormir à moins cher. Depuis peu, le gouvernement exige des guesthouses une licence très excessive pour avoir le droit de faire dormir des touristes. Ce dernier nous interdit de dormir chez l’habitant, sous tente, ou tout dernièrement au monastère. Ces exigences sont soit disant pour la sécurité des touristes mais personnellement, on pense que c’est une manière détourner de faire plus d’argent et d’éviter aux touristes d’avoir un contact direct avec les birmans. On quitte alors le village à l’arrière d’un camion et on arrive dans une ville où il est interdit aux étrangers de séjourner. Aucun hôtel ne peut nous accueillir. On marche en direction de la station de bus et en chemin, pour la première fois de notre voyage, on se sent réellement comme des gens venus d’un autre monde. Tous les regards sont braqués sur nous qui se détendent dès l’instant où l’on sort le mot mingalaba (bonjour). La Sand se fait même offrir un paquet de chips, fait maison, juste avant d’entrer dans le bus. Depuis cet instant, on décide de suivre le trajet traditionnel, en essayant d’éviter la masse touristique.  

- Un dollar neuf contre une poignée de kyats défoncés. On fait la connaissance d’Audrey et Jonathan, un couple de français partis pour trois ans à la découverte du monde. Comme on s’entend bien, on passe la journée en pick-up à découvrir les alentours de la ville (Sagaing, Inwa et Amapurana). Nos principales discussions sont l’augmentation des prix des guesthouses. Elles ne correspondent pas du tout à ce qui est inscrit dans les guides et la qualité est bien au-dessous du prix. Comme nous, ils ont fait un budget pour un mois en prenant des dollars car il n’y a pas de bancomat pour retirer de l’argent et il est impossible d’utiliser la carte bancaire. Tout se paye en USD sauf la nourriture et les trajets en bus. De l’extérieur et sur internet, il est impossible de connaître le taux réel du kyat. On a changé notre argent au marché local de Yangon où le taux reste plus ou moins stable mais varie chaque jour. Par contre dès qu’on sort de la ville, le taux chute. On se retrouve donc régulièrement à compter notre argent pour vérifier si on en a pris assez. On a failli oublier ! Les dollars doivent être neufs, ni pliés et ni tâchés. Ce qui veut dire que la seule erreur peut nous obliger à sortir plutôt que prévu du pays, faute de billets non acceptés. On rencontrera bien d’autres touristes avec la peur de ne pas avoir suffisamment d’argent pour terminer leur séjour. 

- Rencontre avec Cherry. A la sortie d’une pagode, une vieille dame birmane nous accoste en bon anglais. Après une courte discussion, elle nous invite à boire un thé. On se retrouve à papoter avec cette ancienne professeure de langue qui corrige le Guims lorsque ce dernier fait quelques erreurs en anglais. Elle nous accompagne vers une autre pagode. En chemin et loin des regards, on lui demande comment est sa vie ? Elle nous répond que ça dépend des jours mais que c’est difficile car elle ne peut faire confiance en personne, même au moine car certains sont corrompus. Selon elle, les murs ont des oreilles et elle est convaincue que certaines personnes la surveillent. Elle vit seule et son gagne-pain est la bonne volonté des touristes qu’elle guide volontiers dans la ville. Elle ne peut parler ouvertement du gouvernement sous peine de se faire réprimander. Un beau partage, une réalité difficile, bien réelle mais peu visible.   

- Un bout d’authenticité. On arrive de nuit à Taunggy où on trouve un hôtel vers 6 heures du matin, après 3 heures d’attente dans les rues. Après une longue sieste, on décide d’aller visiter cette ville qui est peu touristique. En chemin, le Guims s’arrête pour regarder un horloger de rue travailler. Il essaye en vain de lui expliquer qu’il fait le même métier. Pendant ce temps, la Sand se fait accoster par une birmane qui lui propose de lui faire goûter des avocats. On se retrouve alors entourés de 7-8 personnes qui observent le moindre de nos gestes. On essaye de communiquer en dégustant l’avocat au sucre mais c’est difficile dû à la langue. On passe un agréable moment à échanger des regards et des sourires.   

- Un rituel particulier. On s’en va découvrir la grotte aux huit milles bouddhas à Pindaya. Le lieu est mystique et l’atmosphère qui y règne est plutôt agréable. A la sortie, on entend des chants très rythmés et on va y jeter un coup d’œil. On se retrouve assis par terre, avec des friandises devant nous et avec chacun une tasse de thé. Apparemment, c’est un jour de fête. Plusieurs birmans nous prennent en photo. Ils sont très curieux de notre présence et nous font de beaux sourires. Huit enfants habillés tout en blanc, maquillés attendent patiemment sur des canapés. On suppose que c’est similaire à une première communion. Un premier enfant est porté à l’extérieure de la salle et lorsqu’il revient il est mouillé de la tête au pied. Ensuite, un moine s’approche et commence à lui raser la tête. A cet instant, on comprend que la cérémonie qui est en train de se dérouler sous nos yeux est un rituel pour devenir moine.      

- Contacts avec les birmans. Les birmans sont très curieux. Dès qu’ils peuvent placer un mot d’anglais, ils n’hésiteront pas à l’utiliser ou ils trouveront un autre moyen afin d’entrer en communication avec nous. On garde en tête pleins de petits instants de partage. Par exemple, pour trouver l’emplacement d’un bus, on s’est fait escorter par quatre birmans sans avoir rien demandé. La Sand qui attend son tour pour aller aux toilettes se fait prendre la main par une dame qui l’emmène à la seule toilette non turque en passant devant tout le monde. Le Guims se fait accoster par un moine qui aime discuter avec les touristes. Il lui explique que communiquer avec des étrangers lui permet de voyager. Un birman conduit la Sand jusqu’aux toilettes alors que ce dernier est en train de manger. Durant un déplacement, le Guims à accrocher nos chaussures sur son sac à dos. Comme la montée est difficile quelques birmans s’accrochent aux chaussures et se laissent tirer. Bien des sourires à la clé. Pendant un trajet en pick-up, la Sand déguste des petits snacks locaux qu’une birmane à plaisir à lui faire découvrir. A la plage, trois jeunes étudiants birmans nous prennent en photo et après une courte discussion la Sand reçoit un porte-monnaie en bambou offert par l’un des trois. On pourrait encore en citer beaucoup. Au final, ces échanges et ces attentions nous montrent que c’est un peuple très accueillant. 
     
- La beauté du lac Inlé. On passe la journée en compagnie de Benoît et Marie (un couple de français, parti pour un voyage de 8 mois) et de Jonathan et Audrey. En barque, on se promène sur le lac à découvrir leur manière de pêcher ou de ramer, les jardins flottants ainsi que les villages sur pilotis. Ce lieu est splendide et paisible mais malgré cela à la fin de la journée on est partagé. Il y a eu des personnes très intéressées à nous voir alors que d’autres, des enfants, nous ont jeté des cailloux. Durant cette journée, on a pu observer leur vie de tous les jours en toute liberté mais a-t-on respecté leur intimité ?  

- Un cuisinier hors pair. Toujours accompagnés de nos deux compères, Audrey et Jonathan, on part marcher durant trois jours dans la région de Kalaw. Pour ce trek, on est obligé d’avoir un guide qui est accompagné d’un cuisinier. Ce dernier nous prépare de succulents mets birmans. Treking facile qui nous permet d’observer la vie de la campagne et une partie du territoire des femmes dragons. Les chars à bœuf, les maisons en bambou et le travail physique quotidien nous conduisent dans une autre époque où tout est paisible et où la nature dicte le temps. 

Pour conclure, la Birmanie est un grand pays avec des régions très différentes. Certaines sont interdites aux touristes à cause du trafic de drogue, d’humains et du travail forcé. Certaines ethnies s’entretuent pour avoir plus de territoire et d’autres ne se considèrent pas comme des birmans. Le gouvernement par le biais des militaires exerce une forte pression sur le peuple. Très rapidement, on découvre que notre argent aide à maintenir ce pouvoir en place. C’est pour cela, qu’on a mangé le plus souvent dans les rues et dormi dans des guesthouses les moins chères. On a évité de prendre le train ou l’avion car cela appartient au gouvernement. Ce qui nous a le plus choqué, ce sont les birmans (femmes-hommes-enfants) qui construisent les routes à coups de pioche, en cassant les pierres au bord de la route, en portant ces dernières sur la tête, tout en déversant le goudron fumant tel un jardinier arrosant son gazon. Tous ces efforts pour gagner après une journée de travail 1.5 dollars. C’est la première fois dans un pays où notre liberté de voyageur a été restreinte et on s’est senti privé de certains droits. Tant que les droits de l’homme ne seront pas respectés nous n’y repasseront pas. Un petit clin d’œil, à nos deux crapules et à Léa et François avec qui on a passé d’agréables moments de rigolage, de partage, de longues discussions et de parties de cartes.  

mercredi 15 février 2012

La Thaïlande sous un autre angle








Après notre bref séjour au Cambodge, on revient en Thaïlande par le sud-est où l’on passe quelques jours sur l’île de Kho Chang. Sur cette île, on découvre des gens avec une grande hospitalité mais aussi des gens qui sont corrompus suite à l’abondance des touristes. Puis, on se dirige sur Bangkok pour obtenir le visa birman.  
 
Les moments forts sont : 

·         - Une nuit peu ordinaire sur l’île. On cherche une guesthouse et dans la rue, le Guims se fait accoster par un serveur. Ce dernier nous propose de dormir dans son bar car on a l’air fatigué et il sait que beaucoup de guesthouses sont pleines. On est surpris de sa proposition puisqu’on est en pleine période touristique et qu’il y a encore du libre dans les hôtels. Tout motivés, on accepte. On décide alors de manger un morceau dans son restaurant en compagnie de Jean et Audrey, un couple de français rencontré sur le chemin. Ils voyagent durant six mois autour du monde. La soirée ne s’attarde pas étant donné notre fatigue et s’est installé dans des pouffes, avec un ventilateur au-dessous de nous qu’on s’endort. La nuit ne fut pas de tout repos à cause des basses de la « beach discothèque », des chiens errants qui courent dans le bar et des personnes bien imbibées par l’alcool. On est ravi de passer notre première nuit sur l’île allongé dans un bar.
   
·        - Première nuit sous tente en Thaïlande. On est toujours à la recherche d’une guesthouse et pour cela on décide de changer de plage. On pense s’y rendre à pied et dès la première voiture venue, on tente l’auto-stop. Un pick-up s’arrête et on monte à l’arrière. Lorsqu’il nous dépose, juste avant Ben Bahou, petit village de pêcheurs, il nous explique qu’il ne peut aller plus loin car il va se faire réprimander par les chauffeurs de taxi. On le remercie infiniment et on se dirige dans le village. On trouve enfin une jolie guesthouse mais qui est malheureusement complète. Comme l’endroit nous plaît, on leur demande si on peut mettre notre tente quelque part et on passera la nuit au bord d’une falaise juste au-dessous des bangalows. On est très heureux de pouvoir sortir tout notre matériel de camping. Durant la nuit, il fait chaud et la pleine lune éclaire tellement qu’on finit par mettre nos t-shirts sur la tête. La Sand a peur d’attraper un coup de lune mais au matin tout va bien.  

·         -Tour de l’île en scooter. On loue un scooter pour découvrir la partie Est peu touristique. Ce côté de l’île n’a rien d’exceptionnelle au niveau des plages mais regorge de diverses cultures (ananas, caoutchouc, cannes à sucre) et de terrains à vendre. Une petite impasse nous intrigue où plusieurs poteaux de différentes couleurs longent l’allée. Notre curiosité nous conduit vers une maison d’un couple d’artistes. Il vient d’Australie, Greg, et elle de Hollande, Ory, et ils vivent-là à la belle saison. On partage un bon moment en leur compagnie. Ory nous partage certaines difficultés qu’elle rencontre avec les locaux. Pour elle, trop de sourires cachent bien des choses. Comme le soleil se couche et qu’on ne veut pas être en retard pour rendre le scooter, on les laisse avec le souhait de les recroiser un jour. Lorsqu’on rend le scooter, le vendeur nous accuse de l’avoir abîmé. On n’est pas d’accord avec lui étant donné qu’on n’a pas quitté le scooter des yeux et que la partie abîmée est dû à une chute. Il ne veut rien entendre. Il veut qu’on paye pour ce dégât et seulement après, il nous rendra le passeport de Guims. La tension monte entre lui et le Guims. Aucun accord ne peut être trouvé et on se sent les mains liées. Le Guims décide d’aller chercher la police. Le policier n’est pas là et on demande de l’aide à la maison voisine. Le Guims explique l’histoire et surprise, le même scénario s’est déroulé avec le même vendeur trois jours auparavant. Après un coup de fil de la voisine, le policier arrive enfin. Comme il ne parle pas l’anglais, elle lui explique l’histoire. Tout confiant, on retourne vers le vendeur. Bien sûre, ce dernier lui donne sa version en thaï et la seule chose que le policier nous dit c’est d’aller à un autre poste de police, lui ne prendra aucune décision. C’est alors, que le Guims se met en slip devant lui avec des yeux rouge de colère pour lui montrer qu’on n’est pas tombé. Rien y fait, le policier s’en va. Pour récupérer notre passeport, on paye 20 euros supplémentaire. C’est là, qu’on se rend compte ce qu’Ory essayait de nous dire. C’est une petite île où la quasi-totalité se connaisse et quoiqu’il se passe, ils seront solidaire voire même corrompu. On a eu de la chance dans notre malheur, car le policier aura pu nous demander plus d’argent pour lui. Après un dernier téléphone à Mai pour savoir si ça vaut la peine de faire d’autres démarches, elle nous conseille de payer tout-de-suite et de lâcher l’affaire. Le Guims doit prendre un moment seul pour évacuer toute cette colère.       

·         -Barbecue de poissons. A la Hippi Hutte, et là, on fait de la pub, endroit très sympathique, simple, propre, personnes de confiance, prix très raisonnable, on fait la connaissance de Thomas et Piouf (couple de français, qui voyage depuis deux mois en Thaïlande) et Jasmine qui est à la fin de ses vacances. On passe deux jours en leur compagnie au bord de la plage où baignades et discussions sont de la partie. Pour terminer en beauté, Thomas propose un petit barbecue à la hippi hutte. Le Guims apprend la manière thaïlandaise d’assaisonner le poisson pendant que la Sand discute avec ses copines. Soirée totalement réussie et le poisson est un délice.  

·         -Rencontre improbable. Après avoir visité le Grand Palais à Bangkok, à un passage pour piéton, la Sand dit au Guims : « je suis sûre que la fille en face, j’étais à l’école de culture avec elle, c’est la fille de ton masseur ». Le Guims : « c’est la fille du Gérard Sangsue ! ». La Sand : « je ne sais plus son prénom, mais je crois que c’est la Sarah ». Bien sûre, tout cela avec l’accent jurassien. Le feu passe au vert et on les attend tranquillement. Quand ils arrivent à notre hauteur, le Guims : « where are you from ? », leur réponse « Switzerland », et c’est parti pour se raconter nos voyages entre bon jurassien. Ils sont partis depuis janvier 2010, en vélo depuis la Suisse jusqu’en Thaïlande et ils continuent encore durant quelques mois. Comme on a plein de chose à se dire, on se retrouve le soir pour un petit repas. Si vous nous lisez, merci encore pour ce moment passé ensemble et on vous souhaite une belle continuation.

·        - L’arnaque de Bangkok. Lors d’une virée dans Bangkok, une personne sort de nulle part et sans nous laisser parler, il nous raconte que durant une semaine, c’est la fête. Il y a des temples normalement fermés aux touristes qui sont ouverts et il nous dit que l’essence des tuk-tuk est payée par le gouvernement. Les entreprises de vêtements du gouvernement font également de gros rabais. Le Guims est très méfiant mais comme la Sand est toute motivée et que le tuk-tuk nous attend déjà, on y va. Première visite de temple, impec ! Deuxième visite, une autre personne nous aborde et nous raconte exactement la même chose. On reprend le tuk-tuk et dans les rues on remarque que c’est bien la fête. Ce dernier nous emmène alors voir l’entreprise du gouvernement. On imagine un grand entrepôt, remplis de touristes, un peu comme une vente chez Ikea. Eh bien, pas du tout. On entre dans une petite boutique de vêtements sur mesure. La Sand réalise l’entourloupe alors que le Guims n’est pas surpris. Assis dans un petit salon, on nous sert café et thé en nous demandant d’où l’on vient. Il nous propose ces catalogues de mode pour choisir nos modèles. La Sand refuse tellement elle est énervée alors que le Guims se prend au jeu. Le Guims peut se faire confectionner un costard pour la modique somme de Frs 800.-- qui selon le vendeur se vendrait à Zurich Frs 3'000.-. Très rapidement, le prix passe à Frs 350.- avec une autre qualité de tissu. Le Guims lui explique notre manière de voyager et qu’il n’a pas l’intention de ramener un costard. Alors qu’il nous avait tenu la porte en entrant, personne ne nous raccompagne pour sortir. Le Guims s’est bien amusé et la Sand est toujours vexée. Troisième visite de temple, impec ! Puis, on a droit à la bijouterie. Nouvelle arnaque où les pierres précieuses sont des fausses. La Sand fait toujours la tête et le Guims s’éclate à charrier les vendeuses en demande une pierre précieuse qu’elles n’ont pas. Quatrième visite de temple et là, la Sand en a trop marre. Le chauffeur veut nous emmener voir un magasin de chaussures ce qu’on refuse. On le paye et on finira le trajet à pied. On apprendra dans la soirée que c’était la fête des enfants ainsi que cette arnaque est mentionnée dans le guide du routard. Beaucoup d’amusement pour le Guims et une journée de merde pour la Sand.      

Pour conclure, comme dit le Guims, la Thaïlande c’est Walt Disney ! Tout est fait pour faciliter les vacances aux touristes et qu’ils s’y sentent bien. Guesthouses et hôtels de qualité à des prix corrects, massages thaï à gogo, transport confortable, nourriture variée, excellente et les restaurateurs sont très attentifs à l’hygiène même dans les rues. Tours opérateurs à gogo, propreté dans les villes et des gens très souriants et accueillants. La prostitution est légale et inscrite dans les mœurs donc aucune gêne de se payer une prostituée. Par contre, toute belle chose à une face cachée. La prostitution des enfants existe malgré son interdiction mais présente dans des maisons closes. Ce qui est choquant, c’est de voir de très jeunes thaïlandaises aux bras de vieux, gros, alcoolisés, européens ou autre. Bien des familles interdisent à leurs filles de trouver un mari thaïlandais. Une autre face cachée est le bel exemple de l’île de Koh Chang qui est vendue comme un parc protégé et naturel. Eh bien, non, tout cela est seulement du marketing. La pêche dans la zone protégée est interdite mais n’est pas respectée, on l’a vu de nos propres yeux. Des hôtels se construisent au bord de la mer en détruisant la faune et la flore. En plus de cela, les employés sont cambodgiens et comme ils sont peu payés pour se nourrir, ils chassent les singes de l’île. Pourrait s’en suivre leur disparition. Les déchets sont soi-disant recyclés alors que ce n’est pas du tout le cas. Ils sont simplement déposés dans la nature en attente de décomposition. Partout en Thaïlande, les éléphants sont dopés pour davantage de balades avec les touristes et les tigres sont drogués dans le but de les rendre inoffensifs. Tout cela, pour le bonheur des touristes. Il est de la responsabilité de chacun de se renseigner sur l’endroit qu’il souhaite découvrir pour passer le moins possible de temps dans la face cachée. On est très content d’avoir découvert la Thaïlande sous ces deux aspects.

jeudi 19 janvier 2012

Un bref aperçu du Cambodge

 





Comme on se trouve tout près du site d’Angkor, on décide d’aller y jeter un coup d’œil. C’est accompagné de la famille de Mai qu’on se dirige en pick up direction la frontière cambodgienne. Après les formalités remplies, on dit au revoir à la famille. On passe la frontière à pied et très rapidement, on découvre un pays très pauvre.  

Les moments forts sont : 

·         - Le site d’Angkor. On part à la découverte des temples d’Angkor en vélo le premier jour et en tuk-tuk le deuxième jour. On est en admiration devant le spectacle qui s’ouvre devant nos yeux. Le travail de l’homme est déjà remarquable avec de nombreuses gravures, ces visages sortant de la pierre et les fleurs de nénuphars (tours) surplombant le tout. Mais lorsque la nature s’en mêle, reprenant gentiment sa place entre les ruines, elle donne à ce cadre une telle beauté qu’elle nous invite à rester sans voix et à contempler. Ses ruines font partie de l’histoire du Cambodge et ont permis de retracer les civilisations passées.

·         - La prison S21. A Phnom Penh, on découvre l’histoire d’un peuple meurtrit par la guerre civile. C’est dans un ancien collège que les Khmers rouge, après l’avoir transformé en prison, ont enfermé, torturé et tué de nombreux prisonniers. Ce qu’ils leur étaient reprochés ? soit de travailler pour la CIA ou le FBI ce qui était toujours erroné, soit parce qu’ils étaient instituteurs, fonctionnaires ou simplement étudiants. Toutes personnes ayant des connaissances intellectuelles devaient être éliminées. Une poignée d’hommes voulait régner sur le pays en prônant le travail forcé, le retour à la terre, l’interdiction d’apprendre dans le but de mieux diriger. Actuellement, ce lieu est un musée pour se rappeler ou peut-être pour ne pas oublier qu’un génocide a eu lieu dans ce pays.

Trop court ces quelques jours pour découvrir tout un peuple. C’est la première fois dans ce voyage qu’on passe si peu de temps dans un pays. Certes, on a découvert de belles choses mais à ce jour on ne peut pas dire qu’on a visité le Cambodge. Ce qui nous va nous rester c’est l’image de personnes très souriantes malgré un passé difficile.    








vendredi 6 janvier 2012

La Thaïlande nous séduit











On vient d’arriver à l’aéroport de Kathmandou et on apprend que notre vol Nepal Airlines est annulé. Par chance, une heure après, on est transféré sur un vol de Thaï Airlines. C’est une des meilleures compagnies aériennes qu’on ait faite. Il y a de la place pour étendre ses jambes, les hôtesses sont souriantes, belles et sympathiques et la nourriture est délicieuse. On est tranquille concernant notre arrivée à Bangkok car Fabrizio, un ancien collègue de boulot du Guims, nous a réservé une chambre. Sa femme, Mai, vient de Thaïlande et ils sont en vacances avec leur petite famille. Ils ont deux enfants, Carolina 3 ans et Cristiano 1 ans et demi. 
On n’imaginait pas que Bangkok était une si grande ville remplis de buildings, avec de belles voitures, des routes sans trous et à plusieurs voies. Cela nous fait un grand changement avec la réalité du Népal. Une fois arrivés à notre hôtel, on découvre la chambre la plus luxueuse qu’on ait eue depuis le début de notre périple. On passe un temps assez court sur Bangkok et on se laisse guider par nos amis. Ils nous font découvrir la nourriture thaïe qui ne ment pas sur sa réputation. Tout ce qu’on planifie avec eux dans un ordre précis pour ce séjour (rencontrer Camille à Chiang Mai, faire quelques jours de plage avec nos amis, rencontrer la famille de Mai, aller au Cambodge) se modifiera au fur à mesure des jours. On trouve cela très drôle car comme à notre habitude on doit s’adapter. 

Les moments forts sont :

·     Noël avant l’heure. Fabrizio nous remet un paquet préparé par nos familles et on ne réussit pas à attendre le jour de Noël pour l’ouvrir. A l’intérieur, on y découvre des chocolats, du pain d’épice, des fruits secs maison et des schlecks. Tout cela est accompagné de petits textes et photos qui nous mettent les larmes aux yeux car nos familles nous manquent. Encore un grand merci à tous pour ces cadeaux, c’était notre petit Noël à nous. Le chocolat, et il y en avait beaucoup n’a pas vécu longtemps, tellement il était bon !

·     On change nos habitudes. On fait des grasses matinées et on n’arrête pas de manger (fruits frais, brochettes de viande, padthaï, jus de fruit etc…) que ce soit dans la rue ou aux nombreux marchés. On fait d’autres sports, vélo, scooter (visite de lieux bouddhistes et khmers), et ces activités nous font retourner en enfance. On s’amuse comme des petits fous. La Sand apprend à jouer au billard et elle y prend goût. Pour détendre notre énorme musculature (surtout celle du Guims), c’est massage thaï à gogo, soit dans la rue ou dans les salons de massage. Loin d’être relaxant mais très efficace, on a besoin de plusieurs jours pour s’en remettre. On prend des bus VIP pour les longs trajets. Seul inconvénient, la climatisation est tellement forte qu’on a froid. Avoir froid en Thaïlande c’est un comble !

·         Réveillon de Nöel peu ordinaire. On réserve une chambre (TV, wifi, salle de bains) en pensant passé un réveillon tranquille dans un hôtel à Surin. Cette ville est peu fréquentée par les touristes et on le remarque dès notre arrivée. Pour commencer, on demande à trois chauffeurs de tuk-tuk de nous conduire à notre hôtel. Ces derniers ne savent pas où il se situe. Ils nous emmènent alors vers un policier qui parle quelques mots d’anglais. Ensemble, ils essayent de savoir où ce dernier se trouve. Sans succès, ils se tournent vers une dame qui passe par là et à nouveau, ils se consultent tous. Bref, on se retrouve avec une dizaine de personnes autour de nous qui essayent de nous aider mais en vain. Un d’entre eux, téléphone à notre hôtel mais le numéro est erroné. On leur demande où on peut trouver un internet café et le policier nous indique la rue à prendre. On suit ses indications mais pas d’internet café. On demande alors à une serveuse qui nous montre un immeuble. On arrive devant et on entre dans un hôtel de luxe. Après 30 minutes d’essai et de discussion, la connexion internet ne fonctionne pas. Par chance, on avait le numéro de téléphone de l’hôtel dans l’ordinateur et c’est là qu’on se rend compte que le numéro donné précédemment par le Guims est en réalité le numéro de réservation. Ah, la boulette ! On demande à la réceptionniste où trouver un taxi et cette dernière nous dit : « juste devant l’hôtel ». On s’y rend mais sans surprise, pas de taxi. On décide alors d’aller sur la rue principale afin d’en trouver un. Après 10 minutes de marche, aucun taxi ne sillonne la ville. Après avoir vu à Bangkok, les nombreux taxis de couleurs fluo, que se soient bleu, rose, vert, jaune, on ne comprend pas. En marchant, le Guims accoste un américain qui nous répond que dans cette ville, il n’y a pas de taxis. Il y a que des tuk tuk qui se trouve vers le marché. Comme il a un numéro de téléphone de chauffeur de tuk tuk, il l’appelle mais ce dernier ne peut pas venir. Il nous explique où se situe le marché qui n’est pas très loin et on s’y rend aussitôt. On le trouve assez facilement et on voit trois chauffeurs. A nouveau, on leur demande de nous conduire à l’hôtel mais ils ne savent pas où il est situé. Tout-à-coup, un éleveur d’éléphants se mêle à la discussion avec son éléphanteau qui mesure déjà deux mètres. Le plus beau moment de cette soirée, c’est lorsque l’éléphanteau essaie de prendre les chaussures de marche de la Sand accrocher au sac à dos, de nous toucher les joues ou encore d’attraper le téléphone du Guims qui essaye de joindre l’hôtel. Un autre personnage entre en scène, le dentiste. Il parle bien l’anglais et il nous invite à consulter internet depuis son cabinet. On réussit alors à situer notre hôtel. En sortant du cabinet, le Guims se prend joyeusement, la porte métallique qui se ferme comme un garage en plein sur la tête. Ce dernier muni d’une bosse sur la tête retourne avec la Sand vers les tuk tuk. Soudain, l’un d’eux à une illumination. Il sait où l’hôtel se trouve et on est soulagé de cette bonne nouvelle. Il nous emmène alors loin du centre-ville et nous dépose devant « in lovehotel@surinresort ». Juste avant que le tuk tuk se sauve, on demande à la réceptionniste si elle a bien notre réservation pour éviter de devoir trouver un autre tuk tuk, si besoin. Tout va bien, elle l’a bien reçue. Si on n’arrivait pas à la joindre c’est qu’elle a changé de numéro de téléphone. On constate que demander son chemin à des thaïlandais n’est pas toujours évident car ils sont tellement gentils qu’ils ne nous diront jamais : « désolé on ne sait pas ». Par contre, ils vont mettre tout en œuvre pour vous aider. Au final, on passe trois heures et demie à trouver notre hôtel. C’est une belle veille de Noël.  

·         Découverte de la vie à la campagne. On retrouve nos amis dans la famille de Mai qui nous ont invité à passer quelques jours ensemble. On se trouve dans un village de deux cents habitants à l’Est de la Thaïlande où ces derniers vivent de l’agriculture. Pêche, riz (blanc, rouge et collant), sauterelles, crapauds, serpents, vers à soie, souris, papayes, noix de coco, bananes, cannes à sucre, bambous, légumes du jardin, poules et canards font partie de leur alimentation et rien n’est mis de côté pour se nourrir. Tout cela se trouve dans la nature ou provient de leur propre élevage. Ce qui est très intéressant c’est la mise en place de certaines techniques pour avoir suffisamment de nourriture. Durant la mousson, les champs de riz sont inondés et les poissons viennent s’y nourrir. Pour attirer les poissons dans un endroit précis (étang), les villageois lancent « l’enveloppe » du riz. Les poissons se nourrissent et lorsque l’eau se retire, ils se retrouvent piégés dans l’étang. Après la mousson, les villageois vident les étangs et ramassent tous les poissons et anguilles qu’ils y trouvent. Les plus gros sont mangés rapidement et les plus petits sont remis dans un autre étang vers la maison. Une fois qu’ils auront grandis, ils seront pêchés mais cette fois à la canne à pêche. Fabrizio veut nous faire découvrir des choses nouvelles et on déguste une bonne partie de leur alimentation. Mmmh, sauterelles et vers à soie, un délice pour le Guims et un supplice pour la Sand. Durant ces jours, on est plus observateur qu’acteur et nos journées sont rythmés par les quatre repas. On a même l’occasion de manger une pizza thaïlandaise car Fabrizio a fabriqué un four à pizza durant notre séjour.     

On vous remercie, Fabrizio, Mai, Carolina et Cristiano de nous avoir donné la possibilité de découvrir la vraie vie de la campagne avec toute son authenticité. Merci aux parents de Mai, à Ning, sa sœur et ses trois frères, Pet, Pong et… pour votre accueil chaleureux. On quitte la Thaïlande avec peu de nostalgie car dans peu de temps, on y retourne.


dimanche 18 décembre 2011

Trek de 16 jours autour des Annapurnas








Durant sept jours, on se repose dans la petite ville de Pokhara qui est plus calme que Kathmandou. Malheureusement, on n’a pas de chance avec le temps et on ne voit pas les sommets enneigés qui entourent la ville. A nouveau, on a besoin d’un permis TIMS et d’un billet d’entrée pour ce trek. On souhaite d’abord faire le trek du Manaslu mais vu le prix onéreux du permis, on y renonce.

Les moments forts sont : 

     - Le poids des sacs. On achète plus de nourriture que d’habitude pour éviter de manger trop souvent en lodge et profiter d’être en pleine nature. On part avec 5.5 kg de spaghettis, 1 kg de muesli, 1 kg de beurre de cacahuètes, 500 gr de lait en poudre, 32 balistos, 1.2 kg de fruits secs et 1.3 kg de gaz. On prend également quelques affaires en plus pour lutter contre le froid. Nos sacs à dos sont donc bien chargés et notre corps a besoin de quelques jours pour s’adapter. Ce sera la plus grande difficulté de ce trek, mais quel bonheur de pouvoir choisir l’endroit où s’arrêter et se cuisiner.   

-          - Le fat boy ou mister crocs. Dès notre premier jour de marche, on fait la connaissance de Sébastien, parisien, qui fait seul le tour des Annapuras. Les jours suivants, on le retrouve sur les sentiers où on sympathise et on finira le tour ensemble. On a la chance de déguster du saucisson français et le Guims découvre le Ricard qu’il apprécie beaucoup. On va se souvenir longtemps de ce personnage pour deux raisons. La première est qu’il ne fait aucun réglage à son sac à dos et cela lui donne une allure de touriste. Deuxièmement, il fait la quasi-totalité du trek avec des fausses crocs achetées sur Kathmandou car ses chaussures de marche… cela restera entre nous.  

-          - La faune et la flore. La nature est splendide et les paysages sont très variés. On est surpris et content de découvrir des vautours, des chamois, des papillons, des menthes religieuses et des singes. Cette région contient beaucoup d’eau et on voit un grand nombre de belles chutes. Comme on approche de l’hiver, les couleurs d’automne sont magnifiques ce qui ajoutent de la diversité aux paysages.

-          - Thorung La. Ce col est à 5400 mètres et on le grimpe assez facilement. Le seul désagrément est le vent qui nous glace et qui parfois nous freine durant notre ascension. On est un peu déçu car de là-haut on ne voit pas grand-chose. La descente sur Muktinath est très raide mais nous offre un paysage spectaculaire sur une autre vallée.

-         - Dénaturalisation du sentier. Ce trek devient tellement populaire que les autorités du Népal ont décidé de construire une route autour des Annapurnas. On suppose que c’est pour améliorer l’accès aux touristes. De Jomson à Tatopani, il y a déjà une route qu’il est possible d’éviter en prenant de jolis sentiers de l’autre côté de la rivière. Cela permet de découvrir de beaux hameaux authentiques. De Besi Sar à Manang, la route est en train d’être construite. Ils utilisent de la dynamite pour casser la roche ce qui fragilise celle-ci en amont provocant parfois des glissements de terrain ou des chutes de pierres importantes. On trouve dommage car le paysage se dégrade et on se demande où va l’argent de nos permis, soi-disant pour la conservation du site.

-          - La joie de vivre de Julio et Gata. A la fin du trek, on rencontre deux colombiens (Julio et Antonia) dans une lodge sympathique. On passe une belle soirée à écouter les récits de Julio concernant ces nombreux voyages en Asie. Le Guims s’entend bien avec ce dernier car ils sont tous les deux passionnés de bons matos de montagne ! Généreux à plusieurs reprises, ils nous offriront le taxi pour rentrer sur Pokhara. 
Le  
      Le tour des Annapurnas fut un trek facile et on a eu de la chance d’avoir eu du beau temps mis à part un peu de vent et parfois de l’humidité. Après environ quarante jours de marche (Everest, Annapurnas), physiquement et mentalement on est fatigué et on a besoin de repos. Ce trek marque la fin de notre séjour au Népal et on est content de bouger vers d’autres horizons.